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Movimento fluido . Entretien avec Nina Šenk, compositrice.

par Jean-Christophe Montrency, le 30/11/18

À l’affiche du concert « Féminin Pluriel » le 14 décembre prochain à la Philharmonie de Paris, la compositrice slovène Nina Šenk retrouve l’EIC qui avait créé son concerto pour alto, Iris, en 2014. L’occasion d’une petite conversation autour de ce concert au programme exclusivement composé d’œuvres de compositrices.

Nina, votre dernière collaboration avec l’EIC remonte à septembre 2014, à l’occasion de la création de votre concerto pour alto, Iris. Comment se sont déroulées ces quatre années ?    

J’ai du mal à réaliser que quatre années sont déjà passées. J’ai beaucoup composé pour des effectifs très différents et j’ai eu la chance de voir mes œuvres jouées en Europe et aux Etats-Unis. Je garde de très bons souvenirs de la collaboration avec l’EIC qui s’est d’ailleurs prolongée car les solistes de l’Ensemble ont depuis interprété ma musique de chambre. Clément Saunier et Sébastien Vichard ont joué ma pièce Reflections à de nombreuses reprises, et je dois composer l’an prochain une pièce pour le Trio Salzedo, trio fondé par et autour de Frédérique Cambreling, encore récemment harpiste de l’EIC. Cette année, les musiciens ont choisi Movimento fluido III. C’est pour moi un grand honneur d’être régulièrement à l’affiche de l’EIC.

Nina Senk (à droite) et Odile Auboin pour  la création du concerto pour alto Iris en 2014

Justement, à propos de Movimento fluido III : par le « flux » qu’il évoque, le titre fait penser à une de vos passions musicales que nous avions évoquée ensemble lors d’un précédent entretien : le jazz. Celui-ci infuse-t-il effectivement cette pièce, voire le cycle dans son entier ?

La composition du Movimento fluido originel remonte à 2007, alors que j’étais encore étudiante. Je venais d’entrer dans la classe de Matthias Pintscher à Munich. C’était pour moi une tentative d’écrire une pièce qui coulerait davantage, avec des passages transitionnels plus doux, ce qui représentait le premier changement majeur dans mon approche de la composition à l’issue de mes années d’études à Dresde. Auparavant, mes pièces étaient une juxtaposition de blocs contrastés. De là vient le choix du titre. La pièce est bâtie selon une structure rythmique très stricte ainsi que des sections libres assez longues, ce qui peut être perçu comme une forme couramment utilisée dans le jazz.

Comme vous le savez sans doute, ce concert « Féminin pluriel » présente uniquement des œuvres de compositrices…  

Oui en effet et ce n’est pas courant. Personnellement j’ai la chance que ma musique soit jouée très régulièrement depuis mes années d’étude, dans mon pays, la Slovénie, et aussi à l’étranger. Les compositrices sont nombreuses dans mon pays et elles soutenues par les institutions et les interprètes les plus influents. Je dois cependant avouer qu’il en va tout autrement dans le monde disons académique. Voilà des années à présent que les compositrices essaient de se faire reconnaître à l’égal des compositeurs et d’y avoir les mêmes opportunités, mais cela n’est pas encore le cas.

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Photos (de haut en bas) : © Ciril Jazbec / © EIC

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