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Des canyons aux étoiles.

par Jean-Christophe Vervoitte, le 19/03/18

Il est l’un des solistes du chef-d’œuvre d’Olivier Messiaen, Des canyons aux étoiles, qui sera joué le 16 mars à Paris, le 18 à Bruxelles, le 21 au Luxembourg et le 23 mars à Lucerne. Jean-Christophe Vervoitte, corniste, nous livre sa vison très personnelle de cet hymne grandiose à la nature.

1998, 2008, 2018… Singulière récurrence d’années en 8. Comme celle de la comète Olivier Messiaen et de ses « canyons », apparaissant à nouveau au ciel de notre horizon musical.

Messiaen est né 8 ans après le siècle dernier, mort 8 ans avant son terme.

Le 8, c’est une plénitude, un alpha debout regardant vers l’infini.

C’était il y a dix ans, déjà, un soir d’été pour un Messiaen sous les étoiles, dans un théâtre antique blotti au pied de l’Acropole d’Athènes (photo ci-dessous).

Le grand amphithéâtre de marbre blanc, écho spirituel du rouge sauvage des canyons du Colorado offre son éventail de pierre à cette insaisissable musique d’oiseaux multicolores, au cri de désespoir de l’homme qui ne croit pas.

La nuit tombe au long du temps fini du monde et de l’œuvre. Correspondance. Tout converse sous la voûte étoilée qui descend inonder la scène ; chaleur intense de la nuit athénienne qui veut être aussi celle du corps humain, comme un désir secret de la nature d’unir toutes choses.

L’esprit s’évade dans le tourbillon de poussières du Chant brûlant de l’étoile Aldébaran

Mon regard se pose au loin sur la lanterne magique du Parthénon.

Y songerai-je sur le parquet de notre parisienne Philharmonie ?

 

Photos : Jean-Christophe Vervoitte © Frank Ferville / Des Canyons au étoiles, Athènes, 2008 © Jean Radel

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