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Retour sur 2017-18. Nicolas Crosse, contrebassiste : « Des projets dont je me souviendrai longtemps ».

par Nicolas Crosse, le 06/07/18

La saison 2017-18 est maintenant achevée que déjà se profile la prochaine. Nicolas Crosse, contrebassiste  toujours à l’affût  de nouvelles expériences, revient sur ses coups de cœur de cette année et évoque quelques rendez-vous à venir en 2018-19.       

Quelques projets m’ont beaucoup marqué cette année et je sais que je m’en souviendrai longtemps. À commencer par deux aventures dans lesquelles je me suis le plus investi personnellement : la création de Codec Error d’Alexander Schubert et celle de Dronocracy de Laurent Durupt (photo ci-dessous). Ce sont là deux œuvres que j’ai aimé interpréter, et même incarner, sur scène car elles supposent une autre vision de la performance. J’aime aussi que l’on puisse ainsi aborder des sujets sensibles, voire crispants (en l’occurrence nos modes de représentation à l’ère du numérique et l’irruption des drones dans les domaines de la surveillance et de la guerre), au cours de spectacles originaux. J’espère en tout cas que les relations humaines et musicales qui se sont tissées à cette occasion se poursuivront dans l’avenir.

Deux autres expériences ont été également importantes pour moi. Inscape d’Hèctor Parra (photo ci-dessous), tout d’abord, dans lequel j’ai la chance d’avoir une belle cadence écrite spécialement pour moi. La création à Barcelone restera un grand souvenir : le public de l’Auditori était véritablement en délire à l’idée d’une création d’un enfant du pays, avec l’orchestre symphonique de Barcelone.

From within… (photo ci-dessous), ensuite, de Robert Henke et Marko Nikodijevic : avec l’Ircam, nous sommes là à la pointe des technologies, et quel plaisir d’être là et de fabriquer ces sons chargés de sens ! Ces projets n’auraient pas pu voir le jour sans notre belle collaboration avec l’Ircam, notamment dans le cadre du festival ManiFeste au cours duquel j’ai eu l’honneur, cette année, d’interpréter ce magnifique concerto pour contrebasse, électronique et ensemble, (pour l’occasion, l’EIC jumelé avec l’ensemble ULYSSE) de Michael Jarrell, Droben schmettert ein greller Stein, et dirigé par le grand Beat Furrer.

Dans un autre genre, j’ai beaucoup aimé notre tournée européenne avec Des canyons aux étoiles…  Messiaen sublime musicalement les belles images des Canyons et nous ouvre ainsi une fenêtre sur son univers extrêmement singulier.

Et puis il y a ces compositeurs que nous connaissons depuis longtemps mais qui, à chaque nouvelle collaboration nous séduisent à nouveau par leur calme, leur patience, leur attention, à l’instar Peter Eötvös ou Magnus Lindberg qui semblent toujours très heureux de travailler avec nous. Ils sont d’une gentillesse rare et, en même temps, sont capable de dégager une énergie folle.

D’une manière générale, j’ai eu le sentiment cette année de faire du son, de faire ce que j’aime, de me retrouver esthétiquement dans ce à quoi j’ai participé. Sans doute parce que je me suis impliqué, parce que je ne suis pas resté passif. À ce sujet, l’arrivée d’Olivier Leymarie à la direction de l’Ensemble a été comme un coup de fouet pour nous, et nous donne des ailes pour aller plus loin. Nous allons pouvoir réinvestir cette énergie positive dans des projets comme le concert Yellow Shark de Franck Zappa ou le Grand Soir Olga Neuwirth, que j’ai hâte de voir arriver la saison prochaine…

Propos recueillis par Jérémie Szpirglas

Photos © EIC 

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